MALADIE DE LYME

Le naturopathe peut vous aider

Depuis mon enfance j’entends parler de la Maladie de Lyme et des tiques qui peuvent la transmettre. Un souvenir perdure encore, celui de mon chien qui un jour n’a pas réagit à mon retour de l’internat quand j’étais au Lycée, reste cloitré dans son panier avec des poches sous les yeux alors qu’a son habitude c’était un bel accueil, chaleureux et plein d’énergie… Arrivé en urgence chez le vétérinaire, il lui avait diagnostiqué une maladie de Lyme. Les années passèrent et de plus en plus de monde, amis, autour de moi m’annonçaient qu’ils avaient contracté cette maladie et souffraient de symptômes diverses.

C’est pourquoi j’ai décidé de prendre la Maladie de Lyme comme sujet de mémoire de fin d’étude et de réaliser mon accompagnement naturopathique sur une personne souffrant de symptômes chroniques.

La maladie de Lyme : qu’est-ce que c’est ?

La maladie de Lyme (ML) ou Borréliose de Lyme (BL) est une maladie vectorielle et une zoonose, transmise par morsure de tique du genre Ixodes, elle-même infectée par la bactérie Borrelia Burgdorferi sensu lato. La ML est présente sur tous les continents avec une prédominance pour les zones tempérées de l’hémisphère nord, en devenant même la 1ère maladie vectorielle transmise à l’homme. En Europe, la borréliose est liée à trois espèces : B. burgdorferi, B. garinii et B. afzelii.

Cette maladie se caractérise par une atteinte cutanée avec l’apparition d’un érythème migrant (EM) dans environ 80% des cas, mais également par des troubles neurologiques, articulaires, musculaires et même ophtalmologiques. Ces troubles peuvent être récidivants. Longtemps considérée comme une maladie rare, la ML a connu une reconnaissance de la HAS (Haute Autorité de Santé) en juin 2018. Les nouvelles recommandations aux protocoles nationaux de diagnostics et des soins (PNDS) accordent l’existence d’une symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après une possible piqûre de tique (SPPT), autrement dit une forme chronique de la maladie, pouvant causer un tableau étendu de symptômes.

 

 

tique et borrelia

Tique (gauche) et la forme spiralée B. burgdorferi (droite)

(source: Virginia Tech / Brandon Jutras)

Signes et symptômes

On distingue plusieurs formes à l’infection par B. burgdoferi sensu lato. Ces différentes formes peuvent se chevaucher et la progression de cette maladie d’une forme à une autre n’est pas systématique.

La forme localisée précoce (incubation de 3 jours à 1 mois). C’est à partir du point d’inoculation, sur l’interface cutanée, que la bactérie migre et se multiplie dans le derme. Cette phase localisée précoce est caractérisée par un érythème migrant. Dans certains cas, on peut observer un éclaircissement central lui donnant un aspect annulaire typique. La bordure rouge active de la lésion représente le front de progression de borrelia et la réaction inflammatoire cutanée. L’EM est un signe pathognomique de la maladie de Lyme. S’il n’y a pas de traitement, il est possible que l’EM disparaisse et réapparaisse ultérieurement. Dans ce cas, d’autres symptômes peuvent également apparaitre similaires aux symptômes grippaux : la fièvre, les maux de tête, les douleurs au niveau de l’articulation, des courbatures, la fatigue ou encore la raideur cervicale.

erytheme-migrant

Erythème migrant avec un halo (source: CDC#9875)

La forme disséminée précoce (incubation de quelques semaines à plusieurs mois). La progression de la bactérie par voie hématogène peut atteindre plusieurs organes comme l’appareil musculo-squelettique, la peau à distance, le système nerveux et/ou le cœur. La forme disséminée précoce se manifeste par des troubles cutanées (ou dermato- borrélioses), des troubles articulaires ou rhumatologiques (arthrite de Lyme 20 % des cas), des troubles neurologiques (neuroborréliose 5 % des cas), des troubles cardiaques et enfin, des troubles ophtalmologiques (1 % des cas). Lors des manifestations cutanées, il est possible d’observer des érythèmes migrants secondaires à localisation multiples et distant du site de la morsure de la tique, qui sont dus à une métastase septique. A ce stade, un lymphocytome borrélien peut se déclarer (2% des cas), très souvent au niveau du lobe de l’oreille, de l’aréole mammaire ou du scrotum. Cette manifestation est plus fréquent chez les enfants. Le lymphocytome est également caractéristique de la ML.

Lymphocytome borrélien du lobe de l’oreille

(source: IPTC)

La forme disséminée tardive (incubation de quelques mois à plusieurs années). Cette phase correspond à des manifestations tardives et chroniques des symptômes précédemment énumérés. On rencontre alors une infection persistante. Au finale, un très grand nombre de symptômes peuvent être associés à la ML et ils peuvent varier d’une personne à l’autre. Les symptômes les plus fréquents : Fatigue, fièvre ou frissons, maux de tête, spasmes ou faiblesses, engourdissements ou picotements, ganglions lymphatiques enflés, éruptions cutanée, dysfonctionnements cognitifs ou étourdissements, raideurs de la nuque ou du dos, gonflements ou douleurs articulaires, rythme cardiaque anormal ou arythmie, paralysies faciales.

Symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après une possible piqure de tique (SPPT). Un certain nombre de patients se plaignent de symptômes cliniques très polymorphes. On dénombre environ 70 symptômes possibles, pour la plupart subjectifs ce qui rende difficile le diagnostic. En juin 2018, la HAS reconnait pour la première fois l’existence possible d’une « forme chronique de Lyme ». Pour définir un SPPT, la HAS donne plusieurs critères : une triade clinique associant plusieurs fois par semaine, depuis plus de 6 mois un syndrome polyalgique, une fatigue persistante avec réduction des capacités physiques et des plaintes cognitives. Cette triade peut être associée à des signes fonctionnels polyorganiques.

Après une infection, l’homme ne développe pas d’immunité protectrice face aux borrélies. La maladie de Lyme peut être contractée plusieurs fois et donc devenir à nouveau une primo-infection. Dès lors, le risque de neuroboréliose augmente considérablement, surtout chez les enfants !

Co-infections

Au cours d’une même morsure, l’infection à Borrelia peut être accompagnée par d’autres bactéries, virus et protozoaires. De ce fait, d’autres infections sont susceptibles d’apparaitre. On les appelle des co-infections. Quelques bactéries impliquées dans les co-infections: Anaplasma, Ehrlichia, des Rickettsioses, Coxiella burnetii (fièvre Q), Babésia, Bartonnella, Francisella Tularensis… Mais également les arbovirus pouvant causer un bon nombre de maladies telles que la méningo- encéphalite à tique pour ne citer qu’elle.
Malheureusement, d’autres agents pathogènes restent encore mal connus ou n’ont tout simplement pas encore été identifiés, d’où l’appellation de Maladie Vectorielle à Tique (MVT). La maladie de Lyme n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Une pandémie en marche. À en croire une étude récente des chercheurs de l’université de Jyväskylä (Finlande), en 2050, près de 35% de la population mondiale pourrait être atteinte par une maladie transmise par morsure de tique !!!

Comment se protéger face à cette maladie ?

Le premier geste est d’éviter la contamination !

Prévention primaire

Lors d’une sortie en zone boisée, en forêt, ou simplement dans une zone végétalisée (jardinage, parc public…), il est recommandé de porter des vêtements longs, des chaussures fermées et de remonter les chaussettes par-dessus le pantalon. Les habits doivent être de couleur claire pour mieux repérer la tique. Pour les enfants, surtout de petite taille, il serait judicieux de protéger leur cou et leur tête. En effet, la tique aime bien venir jusqu’au cuir chevelu, zone où l’irrigation sanguine est abondante et où il sera difficile de la voir ensuite ainsi que l’érythème migrant qu’elle risque de provoquer.

Il est également recommandé de toujours avoir un tire-tique sur soi afin d’extraire rapidement la tique si besoin.
Les animaux doivent également porter toute notre attention pour limiter la prolifération des tiques en les déparasitant. Le vétérinaire sera le mieux placé pour conseiller un produit adapté.

Au retour de la sortie et rapidement, il faut inspecter soigneusement tout le corps et particulièrement les zones où la peau est fine, lieux de repas de la tique (aisselles, plis du genou, zones génitales, nombril, conduit auditif, paupières et cuir chevelu). Cet examen devra être répété le lendemain, car il sera beaucoup plus facile de voir une tique gorgée de sang, en sachant que la nymphe (1 à 3 mm) est le plus souvent impliquée dans la transmission de borrelia.

Sherlock H

Pour aller plus loin, on peut aménager son jardin. En Europe de l’ouest, 30 à 50% des morsures de tiques ont lieu dans les jardins privés et les parcs municipaux ! On pourra donc, éviter les zones d’ombre et humides (en savoir plus…).  Par ces gestes simples, la population des tiques pourra considérablement baisser et avec le risque d’infection.

Prévention secondaire

Si l’on découvre une tique, le retrait doit se faire le plus rapidement possible car la probabilité de la transmission de la bactérie augmente avec le temps. En retirant la tique durant les 30 premières heures, le risque d’être infecté diminue considérablement, car les borrélies ne sont à ce moment pas encore dans les glandes salivaires de la tique mais dans son tube digestif. Le tire-tique sera la meilleure manière. Attention toutefois de ne pas arracher la tête cela pourrait provoquer un phénomène de régurgitation et donc de transmission de Borrelia. Surtout ne pas utiliser d’ ether, d’alcool ou d’huile, cela pourrait également provoquer un phénomène de régurgitation ! Si elle n’est pas gorgée de sang, s’il n’y a pas de rougeurs et s’il n’y a pas de montée de température, aucun traitement ne sera nécessaire sauf dans le cas des femmes enceintes, des personnes immunodéprimées ou des jeunes enfants.

Ensuite, désinfecter la zone de morsure. Je vous conseille l’huile essentielle de Tea Tree (Arbre à thé) qui est sans conteste l’huile anti-infectieuse par excellence. Elle agira à large spectre sur de nombreux micro-organismes : bactéries, virus, champignons, parasites, etc… Il faudra par la suite surveiller le point de morsure, les signes généraux (douleurs, fièvres, fatigue inexpliquée) et les signes focaux (atteintes dermatologiques, articulaires, neurologiques…). Ce dernier point peut se faire dans le sens inverse si certains de ces symptômes surviennent, en recherchant une exposition à une tique. Enfin, il est également recommandé de noter dans son carnet de santé, la date et la zone anatomique de la morsure, de prendre une photo pour mieux voir l’évolution et de noter la localisation géographique

Dans la volonté de faire avancer les connaissances, l’INRA a mis en place une application « Signalement Tique » et a également lancé une collecte des tiques pour embellir leur « tiquothèque ».

tire-tique
teatree

Diagnostic et traitement

Avant tout chose, je ne suis pas un « lyme doctor », je ne traite pas la maladie de Lyme. Seul un médecin pourra diagnostiquer cette maladie et vous  soumettre à une antibiothérapie qui est un traitement incontournable ! Néanmoins, les tests actuels ne sont pas toujours fiable (ex: ELISA utilisé en France) et sont décriés par une partie de la communauté scientifique pour le manque fiabilité. Plusieurs études ont été publiées dans ce sens démontrant les limites de ces tests. Attention également aux autotests vendus en pharmacie. Au vu de la faible fiabilité des tests, il semble donc nécessaire d’effectuer un diagnostic clinique différentiel qui passe forcément par une anamnèse. Je vous conseille donc de vous rapprocher d’un médecin sensibilisé aux MVT pour un meilleur diagnostique.

Comment le naturopathe peut-il vous aider ?

Le travail du naturopathe est avant un travail de « terrain ». C’est à dire, de soutenir l’organisme afin de retrouver un équilibre et  lui permettre au mieux de lutter contre la bactérie et autres virus. N’oublier pas que borrélia est surnommée « la Grande Imitatrice » et donc elle a la possibilité d’imiter différentes maladies, ou agir comme facteur exacerbant.

Avant tout chose, il va falloir évaluer l’état de votre organisme par le biais de différents examens que votre médecin peut vous prescrire (bilan sanguin, bilan rénal, bilan endocrinien, bilan vitamines, bilan digestif, dosage du glutathion …) et à cela se rajoutera un Bilan de Vitalité du naturopathe.

L’accompagnement naturopathique sera personnalisé en fonction des résultats des différents bilans, mais en voici les grandes lignes :

Ré équilibrer son alimentation

Cette action doit être mis en place le plus tôt possible car elle aura un impact certain sur votre organisme. En effet, le ré équilibrage alimentaire va permettre de retrouver de la vitalité dont beaucoup de personnes atteintes de la ML manque. Souvent, il y a des déficits en nutriments qui sont essentiels au bon fonctionnement de l’organisme (système immunitaire, microbiote intestinal, détoxification…), ce qui empêchera notre organisme de lutter efficacement contre la borréliose.

Ensuite, il faudra faire attention aux aliments pouvant être néfastes comme les glutens, le sucre, les moisissures, la caséine… qui favoriseront l’inflammation, un déséquilibre acido-basique ou encore une dysbiose intestinale pour ne parler que de ça.

Donc, vous l’avez compris, cette réforme alimentaire est un passage incontournable pour retrouver force et vitalité. Cette période est stricte mais évolutive.

Détoxifier

C’est le rôle du foie, un organe majeur de notre organisme. Borrelia sécrète des toxines, biotoxines et neurotoxines quand elle est vivante et des endotoxines quand elle meurt entrainant des réactions de « Herx » (réaction de Jarisch-Herxheimer ou réaction de Herxheimer) bien connu de certains malades lors de leur antibiothérapie et provoquant une réaction inflammatoire de l’organisme, souvent insupportable. Ces toxines peuvent continuer à être pathogène pour notre organisme et affecter n’importe quel système ou organe du corps humain. C’est pourquoi, il est important de soutenir notre foie dans son rôle de détoxification des xénobiotiques et lui permettre de les éliminer via nos émonctoires principaux (bile et reins).

Cette détoxification passe par une réforme alimentaire afin de donner les moyens (nutriments) aux différents cellules qui composent notre foie, d’effectuer correctement leur travail. Le naturopathe pourra soutenir ce travail par différents compléments alimentaires tels que le chardon-marie, l’artichaut ou encore le desmodium.

Diminuer l’inflammation

L’inflammation est une réaction normale de notre organisme qui lutte contre une agression. Lors d’une morsure de tique, plusieurs bactéries ou virus peuvent pénétrer par le derme et entraîner quasi immédiatement la réaction du système immunitaire ce qui déclenchera la production de plusieurs médiateurs chimiques par nos globules blancs afin de détruire l’agent pathogène. Les borrélies peuvent migrer dans tout l’organisme et provoquer un état inflammatoire généralisé qui peut durer dans le temps. Il est important de diminuer cette inflammation qui est souvent responsable de douleurs, de fatigue, d’un manque de concentration, de problème de sommeil…
Donc, il faudra supprimer les aliments « pro-inflammatoires », souvent associés aux aliments à indice glycémique bas. Les plantes anti-inflammatoires comme le curcuma, resvératrol ou encore le cassis, pourront également aider à diminuer l’inflammation chronique.

Réparer l’intestin et son microbiote

L’intestin est la porte d’entrée de multiples agents pathogènes pouvant aggraver l’état général d’une personne atteinte de la maladie de Lyme. On sait aujourd’hui que notre corps et surtout nos intestins abritent une flore microbienne vivant en symbiose avec notre organisme et nous protégeant des invasions extérieurs. C’est bien pour cela que 80% de notre système immunitaire se trouve dans nos intestins et communique en permanence avec cette même flore microbienne. Un dérèglement du microbiote peut être néfaste, entrainer une hausse des agents pathogènes (E. coli, Candida albican, Clostridium…) et provoquer un état inflammatoire de l’organisme grandissant, propice à Borrélia.

Afin de préserver cette équilibre et soutenir l’intégrité de notre barrière intestinale, il faudra faire les bons choix alimentaires en limitant les apports en glucides (sucres), en glutens (céréales), en lactose (lait) et revenir à des produits non transformé issus de l’agriculture biologique de préférence sans additif, conservateur… Éviter autant que possible les médicaments, surtout les antibiotiques qui favorisent la porosité intestinale.

Certains compléments alimentaires peuvent aider à la réparation de l’intestin comme la vitamine A, les probiotiques et prébiotiques, le Zinc, la L-glutamine ou encore l’acide butyrique…

Soutenir le système immunitaire

Nous savons que le système immunitaire est mis à mal lors de l’infection à borrelia. En effet, la bactérie arrive à déjouer nos défenses par divers mécanismes afin résister à l’attaque des cellules immunitaires et ensuite de persister dans notre organisme. C’est pourquoi il est important de soutenir notre système immunitaire.

Comme pour les cellules du foie, les globules blancs ont besoin de nutriments essentiels à leur bon fonctionnement. Cela passe par une bonne hygiène de vie et une alimentation équilibrée.

Si cela est nécessaire, le naturopathe pourra également vous conseiller des compléments aliments  comme la vitamine A, D et C, des huiles essentielles ou encore des champignons aux capacités adaptogènes tels que le shiitake.

Combler les déficits

Diminuer la charge pathogène